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Il était une fois chez les bouseuxOn aime voir Peter Parker se faire piquer par l'araignée. On kiffe de voir Spiderman se faire un costume / pyjama bien craignos avant d'en coudre un super beau (au fait, il le trouve où le kevlar ?). Dans le genre, les X-men sont révélateurs de notre empathie, nous spectateurs pour les genèses des superhéros : présentant de nouveaux mutan "Smallville" pousse l'expérience encore plus loin : faire de cette fameuse première heure le sujet de plusieurs années de fiction. Parcequ'ici, on étire un max. En cinq saisons et autant d'années, le petit Clark Kent ne vole toujours pas. Tout au plus sait-il qu'il est différent, plus fort que ses potes et qu'il aime être habillé en rouge et bleu. Un trip à la George Lucas et son idée folle de faire des préquelles. "Smallville", c'est l'ombre de Superman derrière le corps de Clark Kent le gentil bouseux. Comme celle de Dark Vador qui suivait le si angélique Anakin dans "La menace fantôme". La série s'ouvre donc sur une pluie de météorites sur la petite ville de Smallville (très bel épisode pilote) et nous raconte comment le petit Moïse de Krypton grandit dans une famille de paysans gentiment réac. Un "épisode un" qui dure des années puisque la transformation de Clark en Superman et son départ pour Métropolis sonneront normalement le glas de la série. Pour tenir et pimenter l'affaire, les créateurs en profitent pour violenter la mythologie du kryptonien et nous racontent aussi la descente aux enfers de Lex Luthor, puisque le chauve est aussi de la partie : on nous explique même que sa calvitie est dûe aux déreglements causés par la pluie de météorites originelle ! Autre belle idée de nos amis les scénaristes : faire des Luthor (père et fils) les personnages qui tiennent le plus la route parcequ'ils sont truculents (le père est un winner dingue qui, de saison en saison, passe du stade de gros pourri à pitoyable dépressif en quête de rédemption), mais surtout parcequ'ils sont bien interprétés (Michael Rosenbaum et John Glover, toujours impeccables). Photo : Star wars - La menace fantôme de George Lucas Ma saison préféréeLa première saison mettait donc tout ça en place dare-dare et nous en foutait plein la gueule devant un potentiel finalement énorme (refaire la première heure du "Superman" de Donner en cent heures, c'était pourtant pas gagné d'avance). Une saison qui, d'un côté, faisait naître la mythologie du mec en slip (rouge) et qui, pour remplir, nous présentait chaque semaine un nouveau mutant né du cataclysme de l'arrivée de Superman et donc un nouvel ennemi. Presque toutes les séries font ça depuis les "X-files : des épisodes qui apportent des éléments à la quête des héros et d'autres, (on appelle ça des "loners"), qui ne font pas avancer le schmilblick mais qui nous montrent les héros en action. Et question adolescence et super pouvoirs, les créateurs de la série ne sont pas vraiment des glinches puisqu'il s'agit de Alfred Gough et Miles Millar, les co-scénaristes du "Spiderman 2" de Raimi. La série ressemble ainsi plus à un soap ado, du genre "Dawson" à Gotham city qu'à "Superman returns" et son histoire de mythe qui déboule après la guerre. Il n'empêche : le Superman de "Smallville" n'est peut-être pas encore un dieu mais un ado, il partage avec le monument de Singer la description de l'adaptation impossible de cet extraterrestre désespérément étranger. Et cette saison cinq plus particulièrement. En effet, après trois saisons modérément inspirées car moins fun (tentative de création d'une sous-intrigue autour d'une Lana Lang bonne mais plutôt mauvaise actrice, caméos de Christopher Reeve, Margot Kidder et Terence Stemp qui foutaient un beau bordel en compliquant l'histoire...), Gough et Millar s'éclatent bien et en profitent pour assombrir l'ambiance. Et quand Gough et Millar se déchaînent, ça donne "L'esprit de Noël" ("Lexmas" en V.O.), un épisode qui lorgne carrément du côté de maître Capra et qui nous montre ce que serait la belle vie pour un Lex Luthor à l'article de la mort (il s'est ramassé deux balles). Dans L'épisode, magnifique, est réalisé par Rick Rosenthal, pote de Carpenter et responsable, entre autres de Halloween 2 et 8. Alors on ne sait pas bien si c'est l'imminence du retour de Superman au cinéma qui a bougé les fesses de Gough et Millar mais voilà qu'à l'ombre des poids lourds "Lost", "24", ou autres "Desperate Housewifes", "Smallville" (re)devient une série qui dépote (aucun épisode merdique au compteur cette année pour beaucoup de sommets). Comme si durant les saisons précédentes, Les créateurs avaient délaissé Clark Kent, trop occupés avec Peter Parker. Photo : La vie est belle de Frank Capra
RN Et un lien vers Planète Smallville, le principal site de Smallville en français.
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