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La galanterie mêle l’excès de politesse avec le bout du sexe. Un truc dont on ne se sait quoi faire tellement ça dépasse, ça pique, ça rend léger. Tellement ça veut séduire. Tellement ça fait la roue. Le joli cœur interprète une partition attendue avec une intensité inattendue. Quelque chose comme du Mozart jeune, garnement, tourbillonnant, énervant. Tiens, c’est comme le 5 ème film de Claude Chabrol. Un objet situé au cœur de la nouvelle vague. Entre Godard avec son démonte pneu pour comédie musicale (Une femme est une femme) et son pote Truffaut, tourné un peu plus fort vers l’adaptation littéraire ("Jules et Jim" d’après Henri-Pierre Roché). De son côté, le serpent à lunettes remue quelques souvenirs romanesques en ouvrant les manuels scolaires à la page libertinage. "Les godelureaux" trimballent avec eux une grosse caisse de breloques et de sexe in the cynisme. Du falbala vengeur partout. Du Sollers tout sourire et porte cigarette au petit doigt. Du pur esprit cynique incarné par un Jean-Claude Brialy au top, totalement maniéré, théâtral, cultivé, tout contre un présent trop figé à son goût. Vu par Chabrol, les restes du libertinage sont drôles mais pas beaux à voir. Une ambiance cage aux folles (appartement décoré par un Guitry en planque à Versailles) sous haute décadence. Un truc de riche sur la fin. Tout velours dehors. Tout pourri dedans. CyniqueFaut voir Jean-Claude Brialy dans sa robe de chambre, très énervé par la légèreté de jeunes gens à l’origine d’une mauvaise blague : déplacer d’un mètre son coupé sport garé devant les "Deux magots". Vexé, il se venge en manipulant l’un des garçon encore logé chez tonton et met en scène un jeu de dupe avec une jeune fille sexy (Bernadette Laffont). Il joue avec le feu, c’est à dire les sentiments.Et bien entendu, l’affaire se termine en jus de boudin. C’est normal. Ronald - Brialy fini sa course dans le sur-jeu. A la fois diable et metteur en scène, il regarde sa propre jouissance du désordre s’épuiser. La mayonnaise monte mais triste. La révolte est une affaire salement organisée, qui plus est à des fins cyniques. L’esprit contestataire une blague pour gosses de riches qui s’emmerdent. Un regard sans illusion sur les comportements humains, probablement au bord du désenchantement, mais par bonheur jamais aigre (merci le théâtre). Oui, nous sommes des imbéciles et c’est sans limite. Regardons nous pourrir en nous amusant, semble dire Chabrol. On va piger jaune. Et "on" c’est tout le monde sauf la caméra classieuse. Dans un esprit cousin, le pépère tournera quelques années plus tard son génial "Landru", une réponse pas si modeste à "Monsieur Verdoux" de Chaplin. Même processus : au départ une comédie, au final un pamphlet bien senti dans la bouche d’un assassin. Les bons et les gentils s’emmêlent les pinceaux. La subversion, si elle existe, n’est pas forcément là où on croit. Pervers pépèreGodard développe une vraie mythologie avec A bout de souffle. Belmondo incarne une nouvelle façon d’être à l’écran. Un corps cool sur un air de jazz. Entre impro et thème à suivre. Au contraire, Chabrol refuse le s Peut-être une politesse de cinéaste qui ne se voulait pas ostentatoire. L’élégance dans la noirceur. L’autodérision certainement. A l’image de Brialy en recherche de décors pour faire la nouba, de scènes pour faire une scène (se foutre de la gueule du monde lors d’un vernissage arty) ou en causerie Guitry. Chabrol avance masqué. Concept et narratif. Dehors et théâtral. Noir et drôle. Nouvelle vague et cinéma à la papa. Trouble jeu en somme. Un vrai poisson noyé pour éviter le face à face frontal avec le spectateur en attente d’autre chose (le moderne ben tiens !). Notre regard est sollicité là-haut, lorsque tout se passe en bas… et vice versa. Chabrol est un coquinou. Pour la promo de "Dans Paris", Christophe Honoré a raison d’insister sur l’importance des acteurs dans la nouvelle vague. La preuve avec Jean-Claude Brialy sur une chaise d’époque. Photo : A bout de souffle de Jean-Luc Godard
DS |