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Bartleby (Melville) J'aimerais mieux pas. telle est la phrase que répète inlassablement Bartleby dans le court texte de Melville. L'histoire tient en deux lignes. un scribe atterrit chez un notaire fort compréhensif pour quelques heures de travail quotidien. Tout semble au poil sauf l'attitude butée du jeune homme mutique qui oscille entre rester dans le cabinet et vouloir ne rien faire. Le notaire - narrateur va tout essayer pour le mettre au travail, le virer, le sermonner, le comprendre. jusqu'à se sentir dépressif et profondément coupable. J'aimerais mieux pas être au monde. se dit Ray Ferrier (Tom Cruise). Même si ce monde semble supportable vu d'une grue (surtout si l'on emboîte les containers clic - clac sans difficultés.). N'empêche, une fois les pieds sur terre, son corps marche à toute vitesse le long du port mais vu de loin, strié par le passage incessant des poids lourds. Ici, en bas. c'est l'enfer.particulièrement dans les quartiers nichés sous les autoroutes. Les riches gagnent toujours un peu. c'est fatiguant. Il aimerait mieux pas parce que son fils opte pour la bataille, la pulsion guerrière, l'armée et tout le tralala. Ray Ferrier ne croit pas à ces conneries. La propagande gouvernementale fonctionne à plein. suffit de voir passer les chars pour bander devant l'ennemi. L'excitation de l'armée lourde est toujours d'actualité. Le père veut sauver son fils du péril, non pas par conviction politique mais parce qu'il a peur, ne croit pas aux canons (effectivement sans efficace face à la puissance destructrice des E.T. méchants - méchants). Leur route se sépare lors d'une scène incroyable, tout droit sortie d'un film de Michael Powel (« Une histoire de vie ou de mort » - avec un technicolor signé Jack Cardiff). Reprenons. la fin du monde fait rage derrière la colline, les engins de guerre avancent au pas de charge, les hommes attaquent 14/18. et le fils droit dans ses bottes veut suivre les troupes pour faire quelque chose. un truc. agir. la guerre quoi ! Il veut une place, ne pas cloner l'impuissance paternelle, surtout pas rester inactif devant tant d'horreur. Son père n'arrive pas à le convaincre malgré l'argument massue : protéger sa petite sour. Au bout du compte, les deux voies amèneront à la survie des protagonistes (alors happy end ou pas ?), mais les parcours suivis sont radicalement différents |
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Ray Ferrier n'aimerait mieux pas s'enterrer vivant sous une maison comme le personnage trouble, limite pédophile interprété par Tim Robins (encore une fois impeccable dans le sur jeu). Pourquoi s'agiter quand on veut juste dormir encore un peu ? Pourquoi se faire remarquer par tant d'excitation, au risque de se faire buter quand vraiment rien d'humain n'est assez puissant pour foutre en l'air les monstre suceurs de sang ? Gesticuler pour mourir un peu plus vite. Il aimerait mieux s'effacer du monde. (ça ne veut pas dire mourir). Faire l'homme invisible, filer sur la route sans être remarqué par les centaines de corps en exode. mais l'extermination va provoquer deux soucis majeurs : se frotter aux autres en état de survie (donc les gens pas cool, chacun sa gueule, ta gueule, poing dans la gueule, tu me gènes. je te tue) et se frotter aux monstres qui sucent l'homme, veulent sans doute rester un moment sur notre bonne vieille terre. 1794, l'Europe colonise l'Amérique. ça fait quel effet aujourd'hui d'être colonisé ? |
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Le pianiste (Polanski) Le ghetto de Varsovie n'en finit pas d'hanter l'époque. L'extermination programmée de milliers d'êtres humains par la famine, l'épuisement, l'étouffement, le meurtre de masse est sans nul doute un sommet atroce dont l'homme est capable. On ne s'en remet pas. Spielberg et Polanski non plus. |
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![]() Le pianiste de Roman Polanski |
Filmer le corps avant les mots. Ce corps comme univers psychologique, sans verbe, fondu enchaîné dans une ville en décomposition. Effets de réalités (décors réels fabriqués à la main) et effets spéciaux numériques. Le monde s'effondre, se déchire matérielle (l'église tourne sur elle-même) et en même temps, le numérique dévore l'image. Jamais nous avons l'impression que la ville peut atteindre les corps. Le collage des vues analogiques et numériques contamine les deux films. |
Le Terminal (Spielberg) Si tu ne t'intéresses pas à la politique, la politique s'intéresse à toi. disait-on dans les années 60. |
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DS |
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