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Les zozos erratiques gardent le chien, la cuisine, la chambre à coucher (ben oui sinon pourquoi faire ?), la piscine et quelques voisins autour. C'est même le syndrome d'une ville abandonnée par ses habitants. Se pose alors la question du quoi faire dans un Los Angeles sans histoires, sans cinéma, sans Hollywood. Pas grand-chose. La fille trainouille quand le grand dadet bricole une niche à woua woua. Les corps accusent les kilomètres au compteur, forment un duo dépressif, fatigué, désolé par une grosse fatigue singulièrement contrastée dans l'été de plomb. Greenberg, c'est le nom du garçon. Il porte le film (portrait) et force le respect par sa constance à ne pas liquider deux ou trois culpabilités anachroniques au fil du temps. Du coup, le zozo transforme la moindre volonté comique en déception. Car Greenberg est un laissé pour compte de la joie, un adepte du doute, un maniaque de la réclamation admin Les références tombent d'elles mêmes. Un peu lourdes à porter. Du coup, la presse décolle au septième ciel et souligne les repères imparables. Les journalistes notent l'extraordinaire travail de Harris Savides. à la photo. Faut préciser, le zozo incarne la signature officielle de Gus Van Sant et David Fincher. Comptez sur la pâleur des petits matins californiens, le grain à moudre pour suggérer une nostalgie 80's et une lumière ensoleillée pour effleurer la mort subite. Dans le même registre, on note aussi LCD pour la zique rugueuse. Ca rock disco avant que tout claque. C'est pas fini, la short-list signale aussi Jennifer Jason Leigh, la copine au réalisateur, accro au scénario quatre épingles, actrice à l'apparition impec, bellissima avec les années. Enfin, faut ajouter au CV le parcours brillant de Noah Baumbach, scénariste chez Wes Anderson (Fantastic Mr Fox) et réalisateur des Berkman se séparent. Trop c'est trop. Nous voilà devant une indigestion de brillance extrême. Bienvenue dans la classe New-Yorkaise transplantée vers le grand ouest avec, en prime à la casse, Ben Stiller dans un rôle dramatique. Greenberg renifle la comédie smarty, arty, lettry. Photo : Gerry de Gus Van Sant Passer les bornes japonaisesPour apprécier l'affaire, faut aimer le saut en hauteur. Passer la barre du Sundance festival et foncer les yeux vierges. Car l'air de rien, Greenberg, offre les lettres de noblesses à un genre tout pourri : la comédie dramatique sous les apparats de la comédie romantique. Une prouesse qui revient de loin, tellement ce fourre-tout inventé par les magazines télés en mal de classements semble suffisamment lâche pour balancer dans le même bol la soupe à la grimace et la déprime. Autrement dit, un truc un peu n'importe quoi, comme on causait au temps des comédies de mœurs à propos de Claude Sautet, sans même se douter du chef d'œuvre déroulé sous nos yeux. C'est l'un des paris du film : inventer une forme accumulant les règles floues d'un genre foutraque pour les lessiver lentement. S'agit de redorer un blason, voire l'inventer sous nos yeux. Frotter frotter frotter pour faire surgir la pépite. Coup de maitre, Greenberg ne frotte pas n'importe comment. Le zozo prend son temps. Avance lentement. Fait un peu mal. A tel point, on assiste tout surpris à une opération tournée au ralenti. C'est comme la cuisson à la vapeur. Plus c'est lent, plus les légumes révèlent peu à peu leurs goûts. Pourtant, Braumbach brouille les pistes au départ avec une tonalité comédie romantique. Soit une femme et un homme que tout oppose sauf un désir mal barré. Le mouvement général du genre est respecté mais, comme les frères Farelly (Mary à tout prix) glissent du monstre et un joli brin de sentiments dans le splash, Baumbach sème rapidement le doute dans le tempo. Déboule alors la comédie dramatique. La question, un tantinet merdique, est directement prise en charge par les deux héros. Ben Stiller balance ses doutes à l'autre. Bataille pour plomber l'atmosphère. Impossible d'avancer. Le film quitte la machine à embrouilles pour virer, une à une, les sources de plaisirs, les moments cool, un brin d'humour, l'action, un développement. Le trou d'air permanent conduit à l'éviction systématique du moindre événement. On assiste au meurtre de la comédie et du dramatique avec Ben Stiller marchant péniblement dans une rue, bondissant d'un coup après une voiture puis plus rien, trop conscient du ridicule, trop plombé par une conscience de l'absurde. Une formule start and stop radicale. Cette lutte contre l'ADN comique du film renverse la fameuse formule : une bonne comédie, c'est une tragédie filmée avec humour. On assiste plutôt à l'exact inverse avec en creux un envol impossible vers le rythme, la légèreté, un foutu sourire à tirer chez les spectateurs.
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